Les Grands singes - Will Self

Publié le 24 Mars 2013

Les Grands singes - Will Self

Vous vous rappelez j'espère de Enig Marcheur, ce roman post-apo à l'orthographe un peu (beaucoup) déconstruite dont j'avais parlé en classe une fois ou deux. C'est après que je l'ai lu que ma collègue de litté m'a conseillé dans le même genre Le livre de Dave, de Will Self : dans un autre futur post-apocalyptique, le peuple survivant base son dogme sur l'unique livre rescapé de la catastrophe, qui se trouve être le journal d'un chauffeur de taxi anglais du XXIe siècle, hargneux, raciste et misogyne (tout un programme donc).

J'ai finalement changé un peu d'univers en tombant sur un autre de ses livres, Les Grands singes. À ce niveau là, en ayant lu simplement deux résumés, on comprend vite que le monsieur a un style et des sujets assez peu communs, voire bien barrés dans l'ensemble. La preuve avec Les Grands singes :

Simon Dykes, un peintre londonien connu pour des travaux artistiques assez détonants, passe une soirée joyeusement arrosée dans un bar branché avec son cercle d'amis. Le lendemain, au lieu de sa compagne, il trouve un chimpanzé dans son lit, puis il se rend compte qu'il est devenu singe lui-même, ainsi que l'ensemble de l'humanité. Il sera alors pris en charge par Zack Busner, un psychanalyste original mais reconnu, qui entreprend de le soigner en le ramenant sur le chemin de sa chimpanité.

Pour Simon, qui a toujours sa conscience d'humain, le monde qu'il (re)découvre est complétement inversé par rapport au sien (et donc au notre). Les chimpanzés sont la seule espèce civilisée sur terre, les humains n'étant qu'une espèce animale au milieu des gorilles et des orans-outangs ; les singes vivent en "groupes" très étendus, au lieu de familles, et possèdent tous des poneys domestiques en lieu et place de nos chiens. Surtout, ils utilisent un langage gestuel, sans communication orale, ce qui donne lieu au remplacement de tous les verbes de parole : dire devient "grimacer", parler "signaler", le silence est "le signence"...

Le tour de force du livre est de nous placer dans un univers entièrement reconstruit à l'échelle simienne. Tout est conçu pour le singe, et nos repères humains n'existent plus, ce qui rend la narration très réaliste. Elle est cependant très ralentie à cause du temps d'adaptation nécessaire pour assimiler tous les nouveaux codes (polygamie, exhibitionnisme assumé, bestialité...), qui fonctionnent parfaitement et dessinent une "planète des singes" de plus en plus inquiétante.

Au final, j'aurai du mal à vous conseiller de lire ce livre, parce qu'il est extrêmement lent à se mettre en place, et qu'au fond l'intrigue est assez peu consistante. Par contre, si vous cherchez une expérience de lecture un peu bizarre, un truc bien frappé et qui n'a surement pas d'équivalent, foncez, il est parfait !

Rédigé par Florentin

Publié dans #Litté anglaise

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F
C'est vrai qu'au fond le contraire m'aurait étonné
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A
Comment oublier Enig marcheur !
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